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reliefweb - 9 days ago

Mali: Évaluation du projet IRF 217 Peers for Peace Building Social Cohesion in Mopti and Segou regions, septembre 2019

Source: World Food Programme Country: Mali
FRANÇOIS GRÜNEWALD / JOHANNA BACHÉ 1. INTRODUCTION 1.1 CONTEXTE DU PROJET 1.1.1 UNE REGION CENTRE EN CRISE Les régions de Mopti et de Ségou connaissent depuis ces dernières années une intensification majeure des tensions et des conflits meurtriers. La zone touchée est extrêmement complexe et variée, couvrant toute une partie vers la frontière avec la Mauritanie : zone de la Vallée du Serpent vers Niono, une partie de l’Haoussa en rive gauche du fleuve Niger, notamment la zone des lacs, et toute la zone du Seno et du sud de la Falaise de Bandiagara, vers la frontière avec le Burkina Faso (partie du Liptako Gourma). Chacune de ces régions a sa propre configuration socio-culturelle, sa propre histoire et ses propres relations avec les différentes phases des conflits au Mali depuis 1990. Les dynamiques de conflit et de cohésion sociale y sont toujours spécifiques, de même que l’est l’équation du conflit. À côté de la crise du nord Mali, elle-même issue de nombreuses conflagrations du passé liées à la question de l’indépendance du nord, le Mali a vu émerger à partir de 2015 de nouvelles problématiques de conflictualité dans son centre. Celles-ci sont d’abord nées de l’émergence d’une nouvelle dynamique des groupes radicaux dans la zone qui s’est inscrit dans un contexte de remise en question des autorités de l’État, vues comme corrompues (autorités civiles) ou coupables d’exactions (forces de sécurité). Ces nouvelles conflictualités s’ancrent aussi dans le souvenir mythique de l’Empire du Macina, fondé au XIXe siècle par le marabout peul Cheik Sékou Amadou et qui s’étendait sur une partie du Mali actuel, de Tombouctou au nord, au pays Mossi au sud, de la Mauritanie à l’ouest jusqu’à la région de Mopti, et qui a géré la zone de 1818 à 1864. Ces dernières années, cette dynamique s’est développée dans plusieurs directions inquiétantes. D’abord, les relations tournant à l’alliance avec les mouvements radicaux de la sous-région, le Groupe de Soutien à l’islam et aux Musulmans (GSIM) et l’État islamique au Grand Sahel (EIGS) ont permis à la Katiba du Macina de se développer stratégiquement, militairement et en termes de contrôle du territoire, mais aussi d’avoir une capacité opérationnelle significative. Sa force de présence dans les villages a créé une nouvelle forme d’insécurité pour les populations et pour les leaders d’opinion qui se mettent dans des situations de risques en fonction de leurs discours et de leurs relations avec les acteurs de l’État malien ou des agences internationales. De plus, des confrontations dites « intercommunautaires » d’une extrême violence sont apparues ou se sont développées. Certaines se sont ancrées sur des bases préexistantes, dans les problèmes fonciers, la compétition pour les ressources et les difficiles interactions entre agriculteurs et éleveurs. Ces problèmes, déjà connus depuis les années 30, deviennent de plus en plus difficiles à gérer quand la kalachnikov a remplacé la lance, et quand ils se voient instrumentalisés par une lecture particulière des relations entre groupes radicaux et communautés.


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